dimanche 20 août 2017

Départ pour France, Espagne et Portugal

Bonjour chers lecteurs et lectrices,

Après des mois d'entraînement, souvent pénibles, sur des sentiers enneigés, glacés, vaseux,  submergés et cahoteux, nous partons à nouveau le 21 août pour un périple de 400 kilomètres sur le Chemin de Compostelle à partir de Cahors jusqu'à Saint-Jean-Pied-de-Port en France. En trois voyages entre 2012 et 2017, nous aurons marché 1,600 km sur le Chemin du Puy-en-Velay en France jusqu'à St-Jacques de Compostelle en Espagne.

Par la suite, nous poursuivrons notre voyage, à bord d'une voiture de location, au sud de l'Espagne puis au Portugal.  Ce sera deux mois de découvertes, de plaisir, de rencontres et, nous espérons, pas trop de douleur aux pieds, aux jambes et au dos.

Pour nous suivre au cours de ce voyage, allez à l'onglet " Compostelle France, Espagne, Portugal" qui se trouve au haut de cet écran. Dans ce nouveau blogue, vous trouverez aussi l'onglet "Itinéraire", où vous découvrirez tous les endroits que nous visiterons.

Si vous voulez être avisé par courriel lorsqu'un nouveau billet sera plublié, c'est à l'onglet "Compostelle France, Espagne, Portugal" que vous devez vous inscrire.

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Patricia

lundi 14 août 2017

Canot-camping au Parc Algonquin, août 2017

Le départ pour nos vacances annuelles en canot-camping est retardé d’une journée cette année en raison d’orages électriques annoncés dans le parc.  Pourquoi débuter des vacances sur le mauvais pied! C’est donc en ce début de la longue fin de semaine du mois d’août que tout notre équipage se met en route.  Nous sommes 10, il y a la famille de Joël et Julie, celle de Chantal et Geoff ainsi que Serge et moi.

Le départ à Canoe Lake

Chloé et Sophia attendent le départ
Décidemment, Dame Nature ne veut pas nous la rendre facile.  Le départ sur Canoe Lake se fait sous la pluie et le vent. Heureusement le portage pour se rendre à Joe Lake se passe au sec, mais il y a foule.  Il faut croire que nous ne sommes pas les seuls à avoir retardé notre départ.  Nous prenons bientôt la direction East Arm à la recherche d’un site exceptionnel.  Le canot de Joël et Julie accoste près d’une péninsule avançant dans le lac.  Joël et Julie vont examiner les lieux et déclarent qu’ils ont trouvé l’endroit idéal où passer les cinq prochaines journées.  Il y a deux emplacements assez grands pour les tentes des deux familles et Serge et moi dénichons un petit emplacement en face du lac.  Le seul bémol est qu’il est en pente et quelques grosses pierres l’encombrent.  Nous nous empressons de monter les tentes, mais pas assez vite pour Julie et Joël qui n’ont pas le temps de mettre le double-toit avant que l’averse leur tombe dessus. 

 Pendant que femmes et enfants installent dans les tentes les matelas de sol, les sacs de couchage et les sacs de vêtements, les hommes montent une grande toile devant le lac, y place un canot à l’envers et les chaises. Nous avons maintenant un coin-cuisine qui nous protégera des caprices de Dame Nature. Partis de la maison à 7h00 le matin, nous sommes finalement installés en fin d’après-midi. Julie nous prépare un macaroni au fromage bien garni pour souper et après avoir fait la vaisselle, nous décidons d’aller nous coucher car les hommes n’ont pas eu le temps d’aller couper du bois. Le feu de camp sur la péninsule sera pour les soirées à venir.

Notre campement à Joe Lake East Arm

Sous l'abri-cuisine
 Dimanche matin, nous nous levons sous le soleil, ce qui réchauffe nos cœurs et nous rend de bonne humeur car la nuit a été assez fraîche.  

Chloé, Cécilia et Camille
Après le déjeuner, les quatre filles, Camille, Chloé, Cécilia et Sophia s’installent sur les rochers, cannes à pêche en main, espérant attraper de beaux gros poissons. Les bibittes synthétiques ne semblent pas avoir de succès auprès des poissons.  Chloé et Sophia partent donc à la recherche de vers de terre bien vivants.  Chloé en trouve un et au bout de dix minutes, Cécilia attrape le premier poisson. C’est la joie totale mais aucune caméra n’est à portée de main pour immortaliser l’événement.  Les lignes des cannes à pêche s’emmêlent et Geoff a la tâche de les démêler à plusieurs reprises, avec beaucoup de patience.

Cécilia et Camille, les grandes pêcheuses
 Ce soir nous soupons près du feu et après avoir lavé la vaisselle, brossé nos dents et monté la nourriture dans les arbres, débute le jeu des loups-garous au grand plaisir des quatre filles. Le hasard fait que Sophia est un loup-garou au cours des trois parties que nous avons jouées. Je suis certaine que les rires des enfants ont été entendus par tous les campeurs autour du lac. Des rires d’enfants c’est contagieux et nous sommes bientôt dix personnes à rire aux éclats.

 
Le feu a besoin d'un peu d'aide

C'est l'heure du souper
Lundi matin les enfants nous convoquent à une visite guidée de leurs cavernes qu’elles ont aménagées au bas des rochers que nous accédons par une corde. Heureusement, elles n’ont pas encore découvert que c’est aussi la demeure du serpent. Les deux familles partent ensuite en promenade sur le lac. Pendant ce temps, Serge et moi préparons le lunch, une salade de légumineuses, pour remplir les estomacs vides qui reviennent vers 14h00.

En ballade sur le lac

Les grands-parents préparent le lunch
 Bientôt, le ciel se couvre et nous entendons le tonnerre gronder de plus en plus fort. Les filles qui se sont réfugiées dans les tentes font écho au tonnerre par des cris stridants pendant que les adultes regardent la pluie tombée, bien à l’abri sous l’immense toile bleue. Joël est bien content de retrouver son livre et lire en paix.

Le déluge avec tonnerre et éclairs
 Après la pluie, le beau temps.  Les enfants récupèrent leurs cannes à pêche et, cette fois-ci, c’est Camille qui attrape son premier poisson. Elle veut bien se faire photographier mais refuse de toucher au poisson…. pourtant si petit. Heureusement pour lui, il a droit à une seconde vie et retourne à l’eau.

Camille a attrapé un ti-poisson

Et voilà la bête ... que Camille ne veut pas toucher
 En fin d’après-midi, c’est l’heure de la saucette dans le lac pour se laver.  Quelques-uns se font tirer l’oreille pour aller à l’eau et d’autres préfèrent rester au sec et continuer à puer (dont Serge et moi).

L'heure de la baignade

A l'eau Camille et Cécilia
 Au coin du feu ce soir, c’est un jeu de devinettes portant sur différents sujets et c’est l’équipe de grand-papa, Sophia et Geoff qui gagne. 

Mardi matin à notre lever, le lac est couvert de brume et c’est impossible de voir de l’autre côté.  Petit à petit, la brume se dissipe et le soleil apparaît. 

Petit matin brumeux


  Après le déjeuner, Julie, Chloé et moi partons en canot.  Julie m’amène sur une rivière au bout du lac où elle se souvient être passée il y a quelques années.  Il y a beaucoup de nénuphars, ce qui donne le goût à Chloé d’attraper une fleur. Mais non Chloé, il ne faut pas les arracher, dit sa maman. Au retour, le vent se lève et il faut ramer fort pour rejoindre notre campement.  Malheureusement pour nous, personne n’a préparé le lunch, ils ont préféré nous attendre car c’est moi qui es en charge de ce repas.  La soupe aux légumes, tomates et légumineuses est vite préparée et mangée avec des pains pitas, sur la péninsule ensoleillée.

En ballade sur Joe Lake


En après-midi, c’est le rassemblement général au coin-cuisine.  Adultes et enfants prennent le départ pour une chasse aux papillons que j’ai cachés dans différents coins de la forêt.  Les papillons roses pour les enfants, les jaunes pour les mamans et les verts pour les papas.  A mon signal, tous partent en courant, annonçant fièrement leurs découvertes.  Les enfants sont en avance, les mamans et les papas trouvent plus difficilement leurs papillons. Au final, c’est Chloé qui trouve le 9e papillon des enfants, faisant ainsi gagner son équipe.  Les mamans et les papas en ont trouvé chacun 8 et même moi je n’ai pas réussi à trouver les deux papillons manquants.  Les papas sont déclarés les grands perdants et devront nous chanter une chanson au coin du feu ce soir.

 
On se prépare pour la chasse aux papillons

Qui seront les vainqueurs?

Ce sont les filles!



Mercredi est notre dernière journée en canot-camping.  Joël allume un feu sur les rochers et nous étirons le déjeuner, regrettant presque de devoir partir.  Soudainement, nous voyons une maman orignal et son petit qui traversent le lac juste devant nous.  C’est le clou du voyage.

Les hommes travaillent fort pour nous faire de beaux feux
Et Sophia les encourage
 Mais avant de partir, nous partons tous à la recherche des deux flèches que Joël et Geof ont perdues dans la forêt lors de leur exercice de tir à l’arc. Une seule est retrouvée, nous laissons donc un autre souvenir de notre passage sur le campement.

Le retour à la plage de Canoe Lake se fait tout en douceur sous un soleil éclatant et un ciel sans vent.  Nous prenons même une collation sur le lacs, les trois canots regroupés, en nous passant les sacs de fruits séchés et de rouleaux de fruits préparés par Julie.

On se prépare pour le départ


A la fin du portage, nous arrivons à Canoe Lake

De retour au point de départ. On a de la relève pour les années à venir (Chloé et Sophia)


C’est le moment des adieux et la promesse de revenir l’année prochaine.

mercredi 8 mars 2017

Camping d’hiver au Parc Algonquin, février 2017

Cette année, notre séjour en camping d’hiver à Mew Lake, Parc Algonquin, se passe sous une température beaucoup plus clémente que l’année dernière.  Le soleil brillera avec une température de  7° Celsius samedi et dimanche.  Tout un changement d’avec le -37° Celsius de l’année dernière.

A notre arrivée au camping, vendredi après-midi, Serge enjambe le banc de neige et va brancher le fil électrique d’Oscar, notre Safari Condo, et nous allumons notre petite chaufferette électrique pour obtenir une chaleur  confortable à l’intérieur. Puis nous chaussons nos bottes et allons nous promener en skis de fond sur le sentier de vélos de Mew Lake. Comme la température est encore sous 0° Celsius, les conditions sont excellentes et le parcours facile. Au bout d’une heure, nous rebroussons chemin en espérant pouvoir revenir au cours de la fin de semaine.  A la patinoire, les jeunes ont installé leurs filets et débutent une partie d’hockey.  C’est là que nous réalisons que nous avons choisi un site (#12) un peu trop près de la patinoire et que les couche-tôt que nous sommes auront de la difficulté à trouver le sommeil ce soir. 

Après un souper vite préparé, dégusté et arrosé d’un bon vin, nous nous installons pour écouter un film que Serge a apporté pour l’occasion.  A 10h00, nous nous glissons dans nos sacs de couchage en duvet et débutons une longue nuit de sommeil bercée par le doux ronronnement de la petite chaufferette électrique.  Tout compte fait, les joueurs d’hockey ne nous dérangent pas trop.


A notre réveil, samedi matin, le soleil brille à l’horizon annonçant déjà une magnifique journée. Les nombreux campeurs sont joyeux et se promènent café à la main.   Nous partons vers 10h00 pour aller rejoindre nos amis Ginette et Tom au Centre d’Accueil du parc, lieu de rassemblement pour la plupart des activités en cette journée de festival d’hiver.  C’est là que nous réalisons que le beau temps a fait se multiplier les visiteurs. Sur le terrain de stationnement, nous retrouvons un des naturalistes  qui essaie de regrouper ses adeptes d’excursion en raquettes, tout en promettant de nous faire découvrir des endroits sauvages du parc. Pour l’occasion, le personnel met à la disposition des néophytes de raquettes dignes des trappeurs invétérés. Pour notre part, nous avons apporté nos raquettes à crampons et nos bâtons de marche pour faciliter les montées et les descentes.  Avec un peu de retard, tous les marcheurs se mettent en route et nous suivons à la queue-leu-leu le guide de tête.  Bien vite, les raquetteurs d’expérience distancent les débutants qui peinent à monter les côtes.  Des haltes s’imposent pour permettre au troupeau de se regrouper et entendre les commentaires du guide.




Tom et Ginette
Au bout de 2 heures et un parcours de seulement 2 kilomètres, nous voilà de retour au stationnement. En conclusion, c’est une excursion agréable qui souffre de sa grande popularité. Un groupe de 10 à 15 personnes avec un guide serait l’idéal, mais pour cela il faut une température très froide pour décourager les frileux.  Une autre option est de partir en solo dans un des nombreux sentiers du parc, dont le sentier de backpacking Highland qui est l’idéal pour faire de la raquette.



Au Centre d’Accueil, nous nous laissons tenter par l’odeur de cuisine du Café. Le spécial du jour est un bol de chili avec pain, dessert et breuvage pour $6 ce qui remplit les estomacs à peu de frais.

En après-midi, nous tentons notre chance avec l’activité de groupe, une marche au Spruce Bog Boardwalk à la rencontre des oiseaux qui séjournent dans le parc tout l’hiver, comme le mésangeai, le tétras et la mésange. Encore une fois, il y a plus de curieux que d’oiseaux, mais le gentil guide a apporté dans son sac quelques spécimens empaillés et explique très bien les habitudes de ces oiseaux et aussi celles d’autres animaux de la forêt.  Il semble y avoir un cycle de 4 ans, allant de beaucoup à peu d’animaux et oiseaux selon la quantité de nourriture disponible.  Cette année ne semble pas être une des meilleures. 


En plus d’avoir à composer avec un groupe d’environ 70 personnes se suivant à la queue-leu-leu, notre gentil guide est la coqueluche d’une petite fille de 7 ou 8 ans qui s’amuse à lui lancer de la neige et lui donner des coups de bâton.  Parce que je lui ai dit à quelques reprises d’arrêter ça, une dame m’a demandé si c’était ma petite-fille.  « Jamais de la vie », lui ai-je répondu.  Mais où sont ses parents ? À la toute fin de la file. 



Nous terminons notre journée à Mew Lake en prenant l’apéritif à l’extérieur, en compagnie de Ginette et Tom.  Avant leur départ, nous nous promenons dans le camping, saluant au passage les promeneurs, et nous arrêtant visiter les tentes d’hiver chauffées au poêle à bois.  Quelques bénévoles s’affairent autour des barbecues à cuisiner des burgers et des hotdogs pour les joyeux campeurs.

En soirée, les campeurs se joignent à deux gardes du parc autour d’un immense feu de camp pour les écouter nous parler des loups du parc.  Finie l’époque où les gardes avaient pour mission de tuer le plus de loups possible, maintenant ils cherchent à protéger ces grands prédateurs qui jouent un rôle très important dans l’équilibre de l’écosystème. Sans ces grands carnivores, les herbivores mangeraient trop de plantes, causant ainsi des dommages réels à l'écosystème.

Nous partons ensuite tous ensemble dans la nuit pour nous rendre à un endroit assez dégagé près du camping qui servait de piste d’atterrissage aux avions dans les années 1930. Nous suivons les consignes du garde, éteignons nos lampes de tête et restons le plus silencieux possible.  Alors commence l’appel aux loups effectué par intervalles par un des gardes.  Comme il ne reçoit aucune réponse au loin, l’autre garde se joint à lui pour performer un duo d’hurlements impressionnants et très réalistes à nos oreilles.  Malheureusement leurs appels sont demeurés sans réponse, les loups étant probablement dans des habitats trop éloignés.

Dimanche matin après le déjeuner, Serge et moi partons à pied pour aller marcher dans le sentier Bat Lake.  Le sentier est bien marqué et sur fond de neige durci.  Les raquettes ne sont pas nécessaires mais dans les descentes, j’utilise mes crampons et mes bâtons de marche pour me sécuriser.   Au bout de trois heures, nous sommes de retour au camping, heureux de retrouver la chaleur de notre Safari Condo et de prendre un bon repas.  







Nous appelons Ginette et Tom, qui ont loué un chalet à Blue Spruce à l’ouest du parc, pour leur demander s’ils veulent de la visite pour souper.  Ils reviennent justement d’une randonnée en skis de fond et nous attendent avec plaisir.  Nous passons une soirée agréable à jouer aux cartes dans le confort de leur chalet, puis vers 21h00 nous reprenons la route pour retourner au camping.  Heureusement que les animaux de la forêt ont préféré dormir à cette heure-là car il faisait tellement noir que nous aurions eu de la difficulté à éviter un chevreuil ou autre animal aventureux.

Lundi est notre dernière journée de camping d’hiver.  Comme le soleil est encore au rendez-vous, je pars marcher le long du sentier de vélo de Mew Lake. Je rencontre un couple amateur de photographie d’oiseaux qui leur tendent la main remplie de nourriture.  Puis je salue quelques courageux en skis de fond qui en arrachent dans les pistes fondantes ou glacées. Sur le chemin du retour,  je sers de guide à des marcheurs qui s’informent sur les conditions du sentier par-delà le lac Two Rivers.  En plus de ce sentier, se trouve le sentier Track and Tower que nous empruntons souvent en d’autres saisons. 




Après dîner, nous plions bagages et prenons la route, le cœur léger, pour revenir à la maison.  Que j’aime le camping d’hiver! 

vendredi 1 avril 2016

Sur les traces de Lewis et Clark

Pour notre prochain voyage de mai à août 2016, nous prévoyons nous rendre en Alaska à bord de notre Safari Condo. Mais quelle route emprunter ? Un fait est certain, nous reviendrons par le Yukon et les Prairies canadiennes. Mais pour s'y rendre, nous voyagerons d'est en ouest dans le nord des États-Unis pour remonter ensuite vers la Colombie Britanique au Canada.

C'est en lisant le livre "Undaunted Courage" de Stephen E. Ambrose que j'ai planifié la première partie de notre voyage. Ce livre raconte  l'expédition de Meriwether Lewis et William Clark, ces deux grands explorateurs américains mandatés par Thomas Jefferson, alors président des 13 états que composaient les États-Unis d'Amérique. En mai 1804, ils sont partis à la découverte de l'ouest américain, alors inconnu de l'homme blanc, afin de cartographier l'étendue de la Louisiane que Thomas Jefferson venait d'acheter de Napoléon en 1803, trouver la route par les rivières  pour atteindre le Pacifique et établir la présence américaine dans les territoires à l'ouest de la Louisiane avant que l'Angleterre ou d'autres puissances européennes les réclament.

Meriwether Lewis et William Clark
Le premier but fut une réussite car ils ont découvert l'immensité de la Louisiane de l'époque qui s'étendait du golfe du Mexique jusqu'aux frontières canadiennes. Pour ce qui est de la route directe par les fleuves et rivières, ce fut impossible en raison des montagnes rocheuses qu'ils ont dû traverser à dos de cheval avec l'aide des tribus indiennes. Bien que les espagnols et les anglais aient tenté de leur barrer la route, c'est au bout d'un an et huit mois que Lewis et Clark, en compagnie de 33 volontaires et quelques interprètes, dont Sacagawea une indienne shoshone portant son bébé sur son dos, ont atteint le Pacifique.


Nous suivrons donc leur route, par voie terrestre, à partir de St. Louis au Missourri jusqu'à Fort Clatsop en Oregon en nous arrêtant aux nombreux sites historiques et centres d'interprétation. Mais comme nous sommes en 2016, cela nous prendra à peine 3 semaines. Lewis et Clark vont s'en retourner dans leurs tombes.

L'expédition de Lewis et Clark
Nous remonterons ensuite vers la Colombie Britanique jusqu'à Prince Rupert où nous prendrons quelques traversiers pour atteindre l'Alaska.  Après un mois à explorer l'Alaska, nous nous dirigerons vers le Yukon pour nous baigner dans l'atmosphère des chercheurs d'or, puis nous reviendrons par les Prairies canadiennes que nous découvrirons pour la première fois. Après 20,000 km de route, nous serons finalement de retour à la maison en Ontario et retrouverons avec joie notre famille.

Vous pourrez lire le récit de notre voyage de découvertes en allant sur notre blogue " Lewis &Clark, Alaska, Yukon, Prairies", qui est indiqué à un onglet ci-haut.

Patricia

mardi 16 février 2016

Notre premier camping d'hiver

Depuis le mois de janvier je me plaignais du manque d’hiver et de neige qui m’empêchait de profiter de mes nouveaux patins et de mes nouvelles raquettes.  Je réussis enfin à convaincre Serge d’aller camper au Parc Algonquin au cours de la fin de semaine de la fête de la famille 2016. A cette occasion, le parc organise des activités pour petits et grands qui se tiennent au camping de Mew Lake et au Centre des visiteurs.  Mais voilà que la météo nous joue un vilain tour; elle décide de nous imposer un froid sibérien pour samedi et dimanche. Pensez-vous que cela allait nous décourager ? Absolument pas; ne serons-nous pas à l’abri dans le ventre d’Oscar, notre Safari Condo?

J’apporte donc des plats déjà cuisinés que nous n’aurons qu’à réchauffer, de l’eau, car la tuyauterie du  Safari Condo est remplie d’antigel, des vêtements chauds, nos sacs de couchage en duvet ainsi que des couvertures supplémentaires. Serge ajoute une chaufferette électrique et des films et séries que nous pourrons écouter en soirée.

Vendredi après-midi, nous prenons la route en direction nord par la 12, puis la 69 et la 11. Là, ça se gâte un peu, il commence à neiger et de brusques bourrasques rendent la visibilité plus difficile et enneigent la route jusqu’à Huntsville ce qui ralentit la circulation.  Nous ne sommes pas les seuls courageux; les amateurs de ski doos  font la queue-leu-leu comme nous en traînant leurs remorques. Nous avons déjà connu pire sur cette route qui va du sud au nord et nous prenons notre mal en patience. 

Nous arrivons à Mew Lake vers 15h30.  Comme c’est notre premier camping d’hiver, nous n’avions pas réalisé qu’il fallait prendre notre permis à l’entrée ouest du parc. C’est ce que nous explique le très aimable gardien du parc qui nous dit qu’il viendra nous le porter dans la soirée.  Ça c’est du service!
           
Serge enjambe le banc de neige pour aller brancher le fil électrique d’Oscar au poteau jaune à peine déneigé et nous démarrons tout de suite la petite chaufferette.  Le sandwich avalé en vitesse le long de la route est déjà loin et nous sentons la faim. Le potage aux petits pois est vite réchauffé sur le poêle au propane et est bienvenu dans nos estomacs.  


Maintenant, il faut mettre le nez dehors. Il faut en profiter car le -10°C ne se représentera pas de la fin de semaine.  Pour samedi, on annonce -47°C avec le facteur vent et quelques degrés de plus pour dimanche.  Serge propose que nous allions patiner. Je pensais que la patinoire était sur le lac, mais non, elle est plutôt aménagée à côté de la bâtisse des toilettes et douches, ce qui est bien pratique.  Il y a un feu de camp allumé et une tente chauffée pour s’abriter.  Il faut dire que je n’ai pas patiné depuis 30 ans et je croyais que ça ne s’oubliait  pas.  Erreur! Je fais deux tours de la patinoire agrippée à une chaise de plastique qui traînait sur le bord de la patinoire.  Mes nouveaux patins me donnent l’impression d’avoir les pieds dans le plâtre; pas du tout la sensation que j’avais 30 ans plutôt.  Pendant ce temps, Serge tournoie sur la patinoire avec un bâton de hockey et se moque de moi.  Heureusement, la caméra est restée dans le camion et il n’y a pas d’image de ma complète humiliation. 



De retour à notre cher Oscar, nous nous réchauffons grâce à la chaufferette du véhicule et la petite électrique. C’est là que nous réalisons qu’Oscar n’est pas bien isolé pour les grands froids d’hiver.  Malgré le tapis que nous avons installé sur le sol, l’air froid s’infiltre par le plancher et les armoires.  Hum! Il faudra remédier à cela la prochaine fois.  C’est là que Serge sort de son sac des pantoufles T-Max qu’il nous a achetées pour la St-Valentin.  Je n’ai jamais autant aimé mon Valentin.  Nous soupons au son de la musique, puis une fois la vaisselle faite, nous nous installons pour écouter quelques épisodes de notre série préférée de l’heure : Agent Carter.  A l’heure du dodo, nous nous réfugions dans nos sacs de couchage super chauds, tellement chauds qu’il faut éteindre la chaufferette du véhicule.  Les seuls moments pénibles furent quand nous avons dû nous lever pour le pipi de nuit. 

Au matin, les vitres sont toutes glacées et le thermomètre indique -30°C à l’extérieur;  mais le soleil brille de tous ses feux sur la neige.  C’est vraiment joli à regarder ! Nous voyons des campeurs se diriger vers les toilettes.  Nous ne nous pressons pas.  Au menu ce matin,  des gaufres belges que j’ai cuisinées à la maison, accompagnées de confitures de griottes et de yogourt.  Et oui, Serge a fait un effort pour déjeuner. 


C’est mon tour d’aller visiter le bâtiment des toilettes.  Il y a plusieurs femmes à l’intérieur et ça jase comme si on se connaissaient depuis belle lurette.  « Avez-vous bien dormi? Étiez-vous sous la tente ? Ah! C’est vous dans la van grise!  C’est votre premier camping d’hiver? Vous allez aimer cela. » Je n’ai jamais fait tant de social dans les toilettes.  Je me sentais faire partie d’une secte.

Serge débranche le fil électrique, déglace les vitres, puis nous partons pour le Centre des visiteurs situé 13 kilomètres plus à l’est.  Au programme, il y a des activités à l’intérieur et à l’extérieur, mais nous n’avons pas le courage de partir en randonnée en raquettes avec les guides.  Nous assistons à toutes les présentations au théâtre allant de la photographie en hiver dans la nature, à l’histoire des raquettes, comment reconnaître les traces des animaux dans la neige, etc.  Pour nous dégourdir les jambes, nous faisons le tour des expositions sur l’histoire du parc où se tient l’activité pour les enfants. L’animateur est excellent mais il n’y a qu’une petite fille dans l’assistance; elle devient donc la vedette de l’événement.  Nous avons bien aimé quand le grand-père de la petite fille s’est transformé en ours noir qui hiberne et qu’il est ressorti de sa tanière avec deux petits oursons.  A la fin Serge a tenté de se déguiser sans succès en orignal. 






De retour à Mew Lake, nous faisons le tour du camping  où des campeurs expérimentés nous font visiter leur tente et répondent à nos questions.  Elles sont chauffées par un poêle à bois et nous sommes surpris de constater à quel point il fait chaud à l’intérieur.  Une famille de six personnes loge dans l’une d’elles, avec leurs deux chiens. Il s’agit d’une tente « Artic Oven » 12 par 18 pieds qui est fabriquée en Alaska ( www.alaskatent.com). Ils ont 6 lits de camp superposés  deux par deux (Disc-O-Bed Cam-O-Bunk chez Bass Pro Shops).  Il y a aussi des tentes, pour une ou deux personnes, de type tipi.  . Il y a même un iglou en démonstration.  A notre grand étonnement, nous réalisons que la plupart des gens campent sous la tente; nous avons vu seulement 4 VRs et une tente-roulotte. 








Nous nous arrêtons à un feu de camp de groupes où des marshmallows nous sont offerts pour être grillés sur le feu.  Difficile de résister aux marshmallows et à la chaleur du feu.  Un peu plus loin, des employés du parc font cuire des hamburgers et hot dogs sur des barbecues qu’ils nous offrent pour un prix minime.  Nous terminons notre virée à la tente qui annonce du chocolat chaud gratuitement.  Une vingtaine de personnes s’y sont déjà réfugiées pour se réchauffer et jaser.  


Les activités se terminent à 18h00 et les campeurs regagnent leurs abris pour la soirée et la nuit.  Comme nous avions laissé la chaufferette allumée, nous retrouvons l’antre d’Oscar tout chaud.  Serge met de la musique pendant que je prépare le souper et j’ai droit aux « hits » des années 50, 60 et 70 et je dois deviner qui les chante.  Vous aurez devinez que Serge est un grand nostalgique. 

A notre lever dimanche matin, le thermomètre indique -37°C à l’extérieur.  Donc rien ne presse pour mettre le nez dehors.  Petit à petit le temps se réchauffe jusqu’à -24°C, ce qui nous encourage à aller faire de la raquette dans les sentiers de Mew Lake.  Le vent s’est calmé aujourd’hui et au soleil on peut même dire qu’on ne sent pas trop le froid.  Au début du sentier, les amateurs de photographie d’oiseaux sont installés près des mangeoires avec leurs trépieds et leurs puissants objectifs. Pour ma part, j’ai choisi d’apporter une mini-caméra qui se loge bien dans la poche de mon manteau. Les photos exceptionnelles seront pour une prochaine fois. A la patinoire, des familles s’exercent au curling, tandis qu’à l’autre extrémité des jeunes jouent au hockey.  Il y en a pour tous les goûts.



 J’essaie bien de convaincre Serge de rester au camping une journée de plus, mais c’est sans succès. Par contre, il est prêt à répéter l’expérience du camping d’hiver l’année prochaine.  Nous essaierons de convaincre les enfants de se joindre à nous. Ils pourraient loger dans une des yourtes du camping.