mercredi 8 mars 2017

Camping d’hiver au Parc Algonquin, février 2017

Cette année, notre séjour en camping d’hiver à Mew Lake, Parc Algonquin, se passe sous une température beaucoup plus clémente que l’année dernière.  Le soleil brillera avec une température de  7° Celsius samedi et dimanche.  Tout un changement d’avec le -37° Celsius de l’année dernière.

A notre arrivée au camping, vendredi après-midi, Serge enjambe le banc de neige et va brancher le fil électrique d’Oscar, notre Safari Condo, et nous allumons notre petite chaufferette électrique pour obtenir une chaleur  confortable à l’intérieur. Puis nous chaussons nos bottes et allons nous promener en skis de fond sur le sentier de vélos de Mew Lake. Comme la température est encore sous 0° Celsius, les conditions sont excellentes et le parcours facile. Au bout d’une heure, nous rebroussons chemin en espérant pouvoir revenir au cours de la fin de semaine.  A la patinoire, les jeunes ont installé leurs filets et débutent une partie d’hockey.  C’est là que nous réalisons que nous avons choisi un site (#12) un peu trop près de la patinoire et que les couche-tôt que nous sommes auront de la difficulté à trouver le sommeil ce soir. 

Après un souper vite préparé, dégusté et arrosé d’un bon vin, nous nous installons pour écouter un film que Serge a apporté pour l’occasion.  A 10h00, nous nous glissons dans nos sacs de couchage en duvet et débutons une longue nuit de sommeil bercée par le doux ronronnement de la petite chaufferette électrique.  Tout compte fait, les joueurs d’hockey ne nous dérangent pas trop.


A notre réveil, samedi matin, le soleil brille à l’horizon annonçant déjà une magnifique journée. Les nombreux campeurs sont joyeux et se promènent café à la main.   Nous partons vers 10h00 pour aller rejoindre nos amis Ginette et Tom au Centre d’Accueil du parc, lieu de rassemblement pour la plupart des activités en cette journée de festival d’hiver.  C’est là que nous réalisons que le beau temps a fait se multiplier les visiteurs. Sur le terrain de stationnement, nous retrouvons un des naturalistes  qui essaie de regrouper ses adeptes d’excursion en raquettes, tout en promettant de nous faire découvrir des endroits sauvages du parc. Pour l’occasion, le personnel met à la disposition des néophytes de raquettes dignes des trappeurs invétérés. Pour notre part, nous avons apporté nos raquettes à crampons et nos bâtons de marche pour faciliter les montées et les descentes.  Avec un peu de retard, tous les marcheurs se mettent en route et nous suivons à la queue-leu-leu le guide de tête.  Bien vite, les raquetteurs d’expérience distancent les débutants qui peinent à monter les côtes.  Des haltes s’imposent pour permettre au troupeau de se regrouper et entendre les commentaires du guide.




Tom et Ginette
Au bout de 2 heures et un parcours de seulement 2 kilomètres, nous voilà de retour au stationnement. En conclusion, c’est une excursion agréable qui souffre de sa grande popularité. Un groupe de 10 à 15 personnes avec un guide serait l’idéal, mais pour cela il faut une température très froide pour décourager les frileux.  Une autre option est de partir en solo dans un des nombreux sentiers du parc, dont le sentier de backpacking Highland qui est l’idéal pour faire de la raquette.



Au Centre d’Accueil, nous nous laissons tenter par l’odeur de cuisine du Café. Le spécial du jour est un bol de chili avec pain, dessert et breuvage pour $6 ce qui remplit les estomacs à peu de frais.

En après-midi, nous tentons notre chance avec l’activité de groupe, une marche au Spruce Bog Boardwalk à la rencontre des oiseaux qui séjournent dans le parc tout l’hiver, comme le mésangeai, le tétras et la mésange. Encore une fois, il y a plus de curieux que d’oiseaux, mais le gentil guide a apporté dans son sac quelques spécimens empaillés et explique très bien les habitudes de ces oiseaux et aussi celles d’autres animaux de la forêt.  Il semble y avoir un cycle de 4 ans, allant de beaucoup à peu d’animaux et oiseaux selon la quantité de nourriture disponible.  Cette année ne semble pas être une des meilleures. 


En plus d’avoir à composer avec un groupe d’environ 70 personnes se suivant à la queue-leu-leu, notre gentil guide est la coqueluche d’une petite fille de 7 ou 8 ans qui s’amuse à lui lancer de la neige et lui donner des coups de bâton.  Parce que je lui ai dit à quelques reprises d’arrêter ça, une dame m’a demandé si c’était ma petite-fille.  « Jamais de la vie », lui ai-je répondu.  Mais où sont ses parents ? À la toute fin de la file. 



Nous terminons notre journée à Mew Lake en prenant l’apéritif à l’extérieur, en compagnie de Ginette et Tom.  Avant leur départ, nous nous promenons dans le camping, saluant au passage les promeneurs, et nous arrêtant visiter les tentes d’hiver chauffées au poêle à bois.  Quelques bénévoles s’affairent autour des barbecues à cuisiner des burgers et des hotdogs pour les joyeux campeurs.

En soirée, les campeurs se joignent à deux gardes du parc autour d’un immense feu de camp pour les écouter nous parler des loups du parc.  Finie l’époque où les gardes avaient pour mission de tuer le plus de loups possible, maintenant ils cherchent à protéger ces grands prédateurs qui jouent un rôle très important dans l’équilibre de l’écosystème. Sans ces grands carnivores, les herbivores mangeraient trop de plantes, causant ainsi des dommages réels à l'écosystème.

Nous partons ensuite tous ensemble dans la nuit pour nous rendre à un endroit assez dégagé près du camping qui servait de piste d’atterrissage aux avions dans les années 1930. Nous suivons les consignes du garde, éteignons nos lampes de tête et restons le plus silencieux possible.  Alors commence l’appel aux loups effectué par intervalles par un des gardes.  Comme il ne reçoit aucune réponse au loin, l’autre garde se joint à lui pour performer un duo d’hurlements impressionnants et très réalistes à nos oreilles.  Malheureusement leurs appels sont demeurés sans réponse, les loups étant probablement dans des habitats trop éloignés.

Dimanche matin après le déjeuner, Serge et moi partons à pied pour aller marcher dans le sentier Bat Lake.  Le sentier est bien marqué et sur fond de neige durci.  Les raquettes ne sont pas nécessaires mais dans les descentes, j’utilise mes crampons et mes bâtons de marche pour me sécuriser.   Au bout de trois heures, nous sommes de retour au camping, heureux de retrouver la chaleur de notre Safari Condo et de prendre un bon repas.  







Nous appelons Ginette et Tom, qui ont loué un chalet à Blue Spruce à l’ouest du parc, pour leur demander s’ils veulent de la visite pour souper.  Ils reviennent justement d’une randonnée en skis de fond et nous attendent avec plaisir.  Nous passons une soirée agréable à jouer aux cartes dans le confort de leur chalet, puis vers 21h00 nous reprenons la route pour retourner au camping.  Heureusement que les animaux de la forêt ont préféré dormir à cette heure-là car il faisait tellement noir que nous aurions eu de la difficulté à éviter un chevreuil ou autre animal aventureux.

Lundi est notre dernière journée de camping d’hiver.  Comme le soleil est encore au rendez-vous, je pars marcher le long du sentier de vélo de Mew Lake. Je rencontre un couple amateur de photographie d’oiseaux qui leur tendent la main remplie de nourriture.  Puis je salue quelques courageux en skis de fond qui en arrachent dans les pistes fondantes ou glacées. Sur le chemin du retour,  je sers de guide à des marcheurs qui s’informent sur les conditions du sentier par-delà le lac Two Rivers.  En plus de ce sentier, se trouve le sentier Track and Tower que nous empruntons souvent en d’autres saisons. 




Après dîner, nous plions bagages et prenons la route, le cœur léger, pour revenir à la maison.  Que j’aime le camping d’hiver!